L’éditorial d’Yves Thréard : « Face à la convergence des haines, l’État en danger »

Depuis des années, la gauche radicale a signé son crime. Et le pouvoir assiste au spectacle, les bras ballants, dépassé, dans le déni. L’incapacité du chef de l’État à reconnaître le délitement de la nation et à y répondre confine au mépris.
La chute du beffroi incendié de la mairie de Limoges résume, à elle seule, l’état de la France. Avec lui, c’est un peu la République qu’on avait l’impression de voir tomber. Une République où l’autorité est malmenée, insultée, piétinée par des individus décivilisés. Une longue suite de démissions explique cette faillite. À l’école, bien sûr, où l’élève a remplacé le maître, où l’effort et l’exigence sont devenus suspects. Sur la voie publique, où les forces de l’ordre sont assimilées à une bande ennemie qui empêche le narcotrafic et tue. Face à l’immigration et ses conséquences aussi, aujourd’hui hors de contrôle, dont il est interdit de parler, sous peine de procès en fascisme.
Mais en attendant ? Alors que la France danse sur un volcan, comment se contenter de la brève et creuse intervention d’Emmanuel Macron : tel un commentateur, un petit tour sur les écrans, dimanche, et puis s’en va à l’étranger ? Comment accepter la sous-estimation du désordre, qui était pourtant prévu ce week-end ? Pourquoi l’état d’urgence n’est-il pas déclaré et les prochaines manifestations, aux revendications souvent inaudibles, d’ores et déjà interdites ? Le projet de loi casseurs-payeurs, qui indispose des parlementaires, va-t-il enfin être adopté ? Si l’ordre ne revient pas, il est à craindre que certains, commerçants ou riverains excédés, soient tentés de se faire justice par eux-mêmes… Sans réponses à la hauteur, c’est l’État qui pourrait sombrer.
Comments
Post a Comment